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Des
traces de notre histoire...
André
Brioudes, toujours là dans notre cur.
Le
27 août 2003, André Brioudes nous quittait. Quittait son
épouse, Suzy, ses enfants et petits enfants, ses amis et sa famille
volley. Depuis presque un an, nous redoutions ce moment pénible,
aussi il était impossible que ce numéro paraisse sans que
le MUC ne lui rende l'hommage qu'il mérite.
Pendant
près de 70 ans, André a vécu pour le volley-ball.
Petit garçon, il commence à jouer sur la plage de Palavas
(les coquilles) vers 1932, il admire les grands qui déjà
s'organisent en équipe (les Goélands, les Alcyons, les linots)
et piaffe d'impatience pendant son adolescence pour que ces " grands-là
" lui demandent de les rejoindre. La guerre interrompra ce rythme
des tournois de plages " bon enfant " car certains des grands
ne sont jamais revenus. La relève, dont André faisait partie,
est prête, tellement prête que sous les couleurs du MUC Volley-ball
(crée en 1941) l'équipe première va remporter le
premier titre de Champion de France (alors organisé par l'USSU)
en 1944. Une double performance parce que ces joueurs montpelliérains
sont aller chercher le titre en zone occupée après un périlleux
voyage jusqu'à Dijon et ont, du fait, battu Nancy (15/8-15/4-15/5).
Après la guerre, André rencontre une parisienne exilée
avec bonheur à Palavas, Suzy. Comme elle le raconte aujourd'hui
avec une infinie tendresse, son Dédé jouait au volley sur
la plage et grâce à son vélo, elle faisait les allers
et retour de la rive gauche à la rive droite, histoire d'aller
voir ce que faisaient ces beaux gaillards autour de leur filet
Puis plus tard " comme on disait en ce temps-là, on s'est
fréquenté ! ". Toujours est-il que le 11 juillet 1947
Suzy et André unissent leurs destins, un vrai tandem unis aussi
dans le volley, parce que Suzy est vraiment la complice d'André,
elle joue au volley, elle accepte même de passer son voyage de noces
en Tunisie parce qu'André joue la finale du Championnat de France
de 1947 à Tunis (= le Champion de Métropole contre le Champion
d'Afrique du Nord). Et quand nous avons demandé à Suzy si
le MUC avait remporté la finale, malgré le voyage de noces,
elle répond immédiatement " bien sûr, on gagnait
toujours ". Dulon n'en démordait pas non plus à l'époque,
ils étaient les meilleurs alors " tous les joueurs du MUC
seront un jour dans le collectif France ", André Brioudes
ne l'a pas déçu.
En 1951, André qui devait assurer l'avenir de son épouse
et de ses deux fils (Jean-Claude, né en 1948 et Jacques, né
en 1951) réussit un concours et entre aux Postes et Télécommunications.
Il est nommé à Paris et embarque Suzy, les enfants et son
ballon de volley vers la capitale.
Dès son arrivée, le PUC (Paris Université Club) trop
content de l'aubaine, enrôle André Brioudes dans son équipe
première, et l'histoire volley continue
Suzy s'y remet aussi
après ses deux bébés, les couffins et les couches
suivent au bord des terrains de volley. Bien après l'équipe
première, le PUC aura bénéficié des qualités
de joueur de Dédé en réserve 1, puis 2, puis 3 !
Et de ses qualités de dirigeant puisqu'il sera même Président
du PUC volley-ball dans les années soixante.
Sa carrière d'après joueur était lancée, André
ne s'arrêtera plus (selon Suzy avec cependant quelques petites interruptions
suites à ses coup de gueule !), il enchaîne avec les postes
de Vice-Président de la Fédération Française
de Volley-Ball et de Secrétaire Général, il va écrire
la plupart des " lois " de la Fédération qui régissent
encore le fonctionnement du volley-ball en France.
Mais André n'a pas oublié son Languedoc natal et arrivé
au terme de sa carrière professionnelle, il prend sa retraite de
France Télécom, Suzy et lui regagnent vite fait bien fait
Montpellier (l'hiver) et Palavas (l'été) en 1988. Evidement,
André ne prend pas sa retraite volley : Président de la
Ligue Régionale, Secrétaire Général du MUC
Volley-ball, puis de nouveau Vice Président de la Ligue Régionale
jusqu'en 2000. Enfin, avec le nouveau siècle André appuie
sur le frein et à 74ans ne se représente plus dans aucun
conseil d'administration de club ni de comité directeur des structures
fédérales, mais comme le disait son successeur (et ami)
au secrétariat général du MUC Volley-Ball, Jacques
RIMBAULT (Secrétaire Général de 1993 à 2002),
" Dédé ne peut pas vivre sans sa piqûre de volley
hebdomadaire ! ".
Si bien que les amateurs de volley héraultais ont croisé
Suzy et André Brioudes tous les week-ends jusqu'en 2002/03 dans
les tribunes de René Bougnol, de Pierre de Coubertin, du Barrou
(Sète) et même aussi dans les gymnases Montpelliérains
où évoluent les clubs locaux en division nationale.
Plus qu'un sport, une passion. Et même plus qu'une passion, une
vie. Et cette vie-là, elle nous était très précieuse.
Un hommage dans ce numéro pour que les générations
de volleyeurs futures qui se succèderont dans notre club gardent
dans leurs archives à tout jamais l'emprunte de Monsieur André
BRIOUDES.
Carole
PEREZ
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